Fiche méthode 6ème : Comprendre une tactique de combat à l’aide d’une vidéo

Dans le cadre du programme d’histoire 6ème : "Rome" - Etude de la légion romaine
lundi 22 janvier 2024
par  M.BAERT
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A gauche sur l’écran, la formation en tortue. A droite, l’équipement du légionnaire romain à l’époque de la guerre dacique (98 - 117 après J.-C.).

"QUO VADIS ?" "CUI BONO ?" "SENATUS POPULUSQUE ROMANUS..." "VAE VICTIS ! " "TABULA RASA !" "SALUS POPULI SUPREMA LEX ESTO..."

Tous les ans, à Bavay (Bagacum), près de Maubeuge, des passionnés d’histoire antique, rejouent devant le public, des scènes de la vie romaine. Les photos et la vidéo ci-jointes proviennent des journées du patrimoine de septembre 2008. Vous trouverez des informations sur ce sujet en cliquant sur le lien internet qui figure en bas de page.

Visionnez la petite vidéo, en bas d’écran, tournée sur le site de Bavay et répondez aux questions suivantes :

1) En quoi consiste la tactique de la "tortue" romaine ?

2) Pourquoi a-t-on appelé ainsi cette formation militaire ?

3) Quel est l’intérêt d’une telle tactique de combat ?

4) Pourquoi se rend-on compte finalement de l’importance de la discipline dans l’armée romaine ?

Pour répondre à la question posée sur l’illustration, vous pouvez observez la photographie ci-jointe, en haut à droite, et chercher l’élément manquant sur le dessin.

"QUOD GENUS HOC HOMINUM ?" ( = Quel genre de personnes sont-ils ?)

Sous l’Empire romain, pour s’engager dans la légion, il fallait être un homme avec une bonne vue, fils de citoyen romain (porter la "tria nomina" comme Caius Julius Caesar), maîtriser quelques éléments de latin, être adulte (17 ans à l’époque) et mesurer au minimum 1,65 m. C’est une tache prestigieuse que celle de défendre les 7.500 km de frontières de l’empire romain pour ces 300.000 hommes. L’armée romaine, majoritairement italienne au début de l’Empire, devient de plus en plus pluriethnique avec le temps.

C’était le seul métier qui assurait un salaire pendant 20 ans : 300 deniers d’argent (environ 200 euros bruts / mois). Cependant, il fallait enlever de cette somme de nombreux prélèvements et impôts : le loyer de sa chambre, sa nourriture, un impôt sur les lacets de chaussure, les frais des fêtes saturnales, un forfait pour l’équipement militaire, une assurance obsèques, ...

Soit 75 % de prélèvements... Il ne lui restait que l’équivalent de 1,5 euros / jour comme "argent de poche". On vient d’ailleurs de retrouver (information de 2023) une rarissime fiche de paie d’un légionnaire romain, écrite sur du papyrus, datant de l’année précédant le célèbre siège de Massada (73 après J.-C.). Ce soldat de la Xe Légion recevait sa paie trois fois par an. Les charges dépassant parfois le salaire, le légionnaire était obligé d’emprunter à un usurier avant de se refaire une santé financière grâce... au butin issu du pillage. A Vindolanda (fort romain au Nord de l’Angleterre), on a trouvé de nombreux artefacts : des inscriptions à l’encre sur des tablettes de bois, de tessons de poterie, d’ustensiles de cuisine, ... Pour le repas, la base de l’alimentation est le pain (1 kg par jour), mais il consomme aussi de la viande, des légumes, de l’huile et des aromates. Il buvait également du vin ou de la bière à la taverne.

Sous l’Empire, l’engagé a 15 jours pour se rendre au camp d’entraînement (par ex. , à Fréjus dans le sud de la Gaule). Là, pendant un an, sous les ordres du "Campi doctor" (instructeur), il apprend à devenir un soldat, passer du "tiro" au "miles", après sa "probatio" (son entraînement). Il effectuera 30 km de marche avec ses "caligae" (sandales cloutées), portant 40 kg d’équipement ("sarcinae", le bouclier pesant à lui seul 4,5 kg), fera des tours de garde de 4 heures en toute saison, redoutant les coups de bâton de son instructeur au moindre écart. Il parcourt jusqu’à 30 km / jour à pied. A l’issue de son apprentissage, le soldat prêtera serment (le "sacramentum") :

"OBSTRINGO IMPERATORI PRODESSE ET NON MILITIAN EIVRARE ANTE CONSVMMATIONEM OBLIGATIONIS ET INIVSSV SVO.

IDEM IN ME."

(= Je m’engage à servir l’empereur et à ne pas quitter le service avant la fin de mon engagement et sans ordre. Les autres diront : Pareil à moi).

Voici notre quidam engagé pour un minimum de 21 ans dans une des 30 légions de l’Empire. A cette occasion, il reçoit le "signaculum" (sa plaque d’identité qu’il portera autour du cou). A l’époque d’Hadrien (vers 123), on compte 300.000 hommes dans l’armée dont 140.000 légionnaires. Chaque légion, commandée par un légat, compte 5.240 hommes. Celle-ci se divise en 10 cohortes, elles-mêmes subdivisées en 6 centuries. A la base, les soldats sont regroupés à 8 par tente (camp provisoire) ou par baraquement (camp en dur). Entre camarades, ils jouent aux dés, avec des jetons, s’affrontent à la boxe, s’entraînent à l’écriture, ... Les superstitions sont bien présentes : avant la bataille, on observe si les poulets sacrés mangeaient du grain, ou bien le vol des oiseaux (augures). Les rituels religieux sont importants pour assurer la cohésion de l’unité regroupée. Les soldats prient particulièrement la déesse "Fortuna" pour préserver leur destin et le dieu protecteur, d’origine orientale, "Mithra".

Le soldat passe beaucoup de temps à s’entraîner quotidiennement (nombreuses taches au camp, exercices de maniement des armes, du combat et des manoeuvres du groupe). Les mariages étaient interdits, mais les légionnaires avaient des compagnes et des enfants. La discipline est cependant sévère sur le champ de bataille : le général a droit de vie et de mort sur ses hommes. Ceux-ci seront sévèrement punis en cas de mutinerie, de recul devant l’ennemi ou de la perte de l’aigle (porté par l’ "aquilifer"). Dans ce cas, on procède à la "decimatio" : un homme de rang sur 10 sera mis à mort par le glaive, afin de servir d’exemple aux autres camarades.

Après 25 ans de légion, un vétéran pouvait demander sa mise en disposition avec 10 ans de solde pour bons et loyaux services ("Honestia missio"). Il pouvait également prolonger son contrat. Certains légionnaires fondaient une famille dans les nouveaux territoires conquis. Des colonies de vétérans, autour de terres données en gratification, pouvaient même parfois devenir de véritables villes (Ainsi Orange, fondée en 40 avant J.-C. par les vétérans de la IIe légion gallique de César). Il existait aussi le "donativum" : une somme d’argent donnée par les empereurs romains aux soldats pour s’assurer leur fidélité. Ce fut Claude qui, le premier, acheta ainsi à prix d’argent les légions.

"O FORTUNATOS NIMIUM, SUA SI BONA NORINT, AGRICOLAS !" ( = Trop heureux les hommes des champs, s’ils connaissent leur bonheur !)



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