Fiche méthode 5ème : Etudier une oeuvre d’art

Dans le cadre du chapitre d’Histoire en 5ème : "L’émergence du roi absolu" : art baroque ou art classique ?
dimanche 26 septembre 2010
par  M.BAERT
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JPEG - 2.2 ko Pour analyser une oeuvre d’art (ici une oeuvre picturale), on peut suivre une méthode déjà expérimentée en classe :
- 1ère étape : en introduction, présentation générale de l’oeuvre (notamment le genre) ;
- 2ème étape : description de la scène représentée (en plans et avec détails) ;
- 3ème étape : analyse structurelle de l’oeuvre (lignes directrices tracées à l’aide d’un calque, étude des couleurs) ;
- 4ème étape : en conclusion, expliquer à quel courant artistique se rattache l’oeuvre et le prouver.

Prenons 2 exemples différents étudiés en cours (en 4ème en 2010 et en 5ème également en raison des nouveaux programmes) :

JPEG - 58 ko A gauche : JPEG - 55.4 ko

1) Il s’agit d’une huile sur toile (304 x 256 cm, exposée au Musée du Prado à Madrid) du peintre flamand Pierre Paul Rubens, célèbre à la fin du XVI e siècle et au début du XVII ème siècle pour ses tableaux religieux et ses mises en scène. Ce tableau intitulé "St-Georges terrassant le dragon" date de 1607 et appartient d’ailleurs au genre religieux. Le contexte dans lequel il s’inscrit est celui de la contre-réforme catholique (oeuvre peinte pour une église gênoise), dans une période religieuse encore troublée.

2) Au premier plan, on voit au centre un cavalier en armure sombre qui brandit une épée de la main droite tout en tenant l’encolure de son cheval fougueux de la main gauche. Sous ses pas, un dragon renversé et blessé, gueule ouverte, semble destiné à une mort certaine. Deux lances brisées sortent de sa gueule ouverte. La scène, violente et confuse, contraste avec le calme d’une jeune bergère au second plan, qui semble être la victime sauvée par le fier cavalier. Le fond bleu, nuageux, n’est pas mis en valeur ici.

3) L’ensemble du tableau s’inscrit dans un cercle traversé par quelques lignes diagonales. Mais, surtout, ce qui frappe ici, c’est l’impression de mouvement soulignée par le la crinière et la queue du cheval, ainsi que par la cabrure de l’animal. Soulignons également les torsions de douleur du monstre en bas, mouvement auquel répond l’envolée de la cape en haut du tableau. Seule la jeune fille semble impassible (en état de choc ?) face à la scène. Les couleurs sont contrastées (armure sombre et dragon noir, cheval alezan et jeune fille claire).

4) On peut ranger ce tableau parmi les oeuvres appartenant à l’art baroque car on y retrouve trois caractéristiques propres à ce style : l’utilisation du clair-obscur (succincte ici), le mouvement et le sentiment (ici la violence mais aussi le courage). Ajoutons que cette oeuvre est peut-être aussi une allégorie du combat de la "foi" catholique contre "l’hérésie" protestante (dans le contexte de l’époque).

JPEG - 73.5 ko A droite : JPEG - 67.5 ko

1) Il s’agit d’une huile sur toile (277 x 194 cm, exposée au Musée du Louvre) du peintre français Hyacinthe Rigaud. C’est une oeuvre de commande officielle du roi Louis XIV lui-même, qui s’inscrit dans le genre cérémonial du portrait, datant de 1701. Le contexte historique est celui de l’absolutisme royal (zénith du "Roi Soleil") puisque ce tableau était accroché à l’origine à Versailles et qu’il était strictement interdit de lui tourner le dos.

2) Au premier plan, on découvre un Louis XIV assez âgé (63 ans alors) qui prend la pose en costume de sacre, mais, affublé de jambes de jeune homme (éternité ?). Il est paré des symboles capétiens (comme la fleur de Lys) et du sacre (l’épée de commandement, le manteau royal). Il s’appuie sur son sceptre qui atteint un coussin fleurdisé sur lequel repose une couronne. Au second plan, à droite, on devine un fauteuil (trône ?) tandis qu’un baldaquin de soie rouge, porté par des colonnes, répond au luxe du tapis du premier plan.

3) L’analyse structurelle du tableau dégage l’existence d’un ensemble à l’intérieur duquel s’inscrit le personnage. Ce dernier coupe le tableau en une parfaite symétrique. Les plis du manteau royal ou des tentures laissent deviner d’autres diagonales. Un jeu de lumière permet au peintre de dessiner une auréole autour de la tête du personnage (monarque de droit divin). Les couleurs sont assez vives malgré le bleu du manteau qui renforce l’impression de profondeur de la scène. Quelques lignes horizontales viennent quadriller le tout, renforçant l’aspect statique de la pose royale.

4) Ce tableau peut s’inscrire parmi les oeuvres de l’art classique. En effet, on y retrouve un certain nombre de traits communs : la symétrie, le retour à l’antique (cf. : la colonne), les couleurs plutôt vives sont des indices qui ne trompent pas. On pourrait comparer cette oeuvre à d’autres qui représentent des rois en costume de sacre (notamment ceux de Louis XVI ou Louis XVIII). On peut évoquer un certain conformisme dans la représentation du souverain et de ses attributs royaux.

Voici ci-dessous, une adresse internet intéressante et une évaluation, destinée à appliquer la méthode, qui a suivi le cours.



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